D-DAY

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OPERATION OVERLORD : le 6 juin 1944, les alliés débarquent sur les plages de Normandie. Préambule d’une offensive phénoménale qui mettra un terme à l’occupation nazie. Voici le résumé de cette journée historique..

Eisenhower déclare avant l’assaut :

« Soldats, Marins et Aviateurs des Forces Expéditionnaires Alliées !
Vous êtes sur le point de vous embarquer pour la grande croisade vers laquelle ont tendu tous nos efforts pendant de longs mois. Les yeux du monde sont fixés sur vous. Les espoirs, les prières de tous les peuples épris de liberté vous accompagnent. Avec nos valeureux alliés et nos frères d’armes des autres fronts, vous détruirez la machine de guerre Allemande, vous anéantirez le joug de la tyrannie que les nazis exercent sur les peuples d’Europe et vous apporterez la sécurité dans un monde libre.
Votre tâche ne sera pas facile. Votre ennemi est bien entrainé, bien équipé et dur au combat. Il luttera sauvagement.
Mais nous sommes en 1944 ! Beaucoup de choses ont changé depuis le triomphe nazi des années 1940-41. Les Nations-Unies ont infligé de grandes défaites aux Allemands, dans des combats d’homme à homme. Notre offensive aérienne a sérieusement diminué leur capacité à faire la guerre sur terre et dans les airs. Notre effort de guerre nous a donné une supériorité écrasante en armes et munitions, et a mis à notre disposition d’importantes réserves d’hommes bien entrainés. La fortune de la bataille a tourné ! Les hommes libres du monde marchent ensemble vers la Victoire !
J’ai totalement confiance en votre courage, votre dévouement et votre compétence dans la bataille. Nous n’accepterons que la Victoire totale !
Bonne chance ! Implorons la bénédiction du Tout-Puissant sur cette grande et noble entreprise. »


LE MUR DE L’ATLANTIQUE

Les asperges de Rommel

Rommel est responsable d’un secteur à haut risque: la côte normande ! Pour prévenir la possibilité d’un débarquement massif des alliés, l’organisation militaire Todt a mis au point un système défensif : le Mur de l’Atlantique.

Face à l’Angleterre et tout le long de la manche le système défensif a été mis en place: les plages sont défendues avec des Hérissons tchèques, des mitrailleuses, des barbelés, des blockaus, des hommes expérimentés en artillerie. On fait inonder les prairies qui peuvent servir de lieu d’atterrissage aux parachutistes alliés et on pose des centaines de pieux verticaux (les « asperges » de Rommel) pour contrarier l’atterrissage des planeurs. Rommel sait qu’il lui faudra conserver ce point stratégique nécessaire à la victoire finale nazie sur l’ennemi. Il inspecte sans cesse les installations et veille à la motivation de ses troupes.

Les ressources en matériel de guerre sont stationnées sur les fronts en Russie et en Italie. L’organisation Todt récupère du matériel dans toute l’Europe : elle fait venir des tourelles de chars français, des portes blindés belges… pour les installer en bordure des plages normandes.

Tout cela est complété par des stations de radars ou d’écoute, des canons antiaériens et trois batteries d’artillerie pour couvrir le large. Elles sont placées à Merville, à la Pointe du Hoc et Saint-Marcouf. Plus loin dans les terres 3 divisions blindées et un régiment de parachutistes sont là en renfort.

Le système défensif de Rommel est en place. Les soldats sont à l’affut du moindre mouvement au large des plages… L’attente commence.


LE JOUR J

Les préparatifs du débarquement en Normandie avaient commencé à la fin de 1943: construction de péniches de débarquement et d’éléments de ports préfabriqués; étude des problèmes posés par le ravitaillement, avec construction d’un oléoduc; concentration et entraînement des troupes, élaboration d’un plan à la fois extrêmement complexe et soigneusement minuté; destruction par l’aviation des voies ferrées, ponts, canaux et moyens de transport; encadrement et armement des Forces françaises de l’intérieur par des équipes d’officiers spécialisés dites «Jedburgh»; intensification du «renseignement» pour prendre la mesure des défenses allemandes. Eisenhower confie à Patton le commandement de la 3ème armée américaine Si la 3e armée n’a pas participé aux premières vagues de l’Opération Overlord, elle fit rapidement ses preuves sur le terrain. Le lieutenant-général George Patton a été l’un des plus grands promoteurs de la guerre de blindés. La 3e armée fut envoyée en France, juste après la percée de Normandie. À peine débarquée sur le sol européen, la 3e armée s’est élancée à travers la France..

Patton (1885 – 1945)

La renommée dont jouit Patton chez les Allemands en fait un des atouts majeurs du plan d’intoxication allié (opérations Bodyguard et Fortitude).

L’opération Bodyguard (garde du corps) fut un plan de diversion générale, initié en 1943 par les Alliés et destiné à tromper les armées de l’Axe en Europe pour 1944. Le principal objectif était de cacher les intentions d’invasion de la France par le nord et le sud (respectivement opération Overlord et opération Dragoon).

L’opération Fortitude (courage en anglais) fut le nom de code pour des opérations de désinformation et de diversion menées par les Alliés dans le but de cacher aux Allemands que le lieu du débarquement serait la Normandie, en leur faisant croire qu’il serait effectué ailleurs (Norvège ou Pas de Calais). Une fois celui-ci lancé, leur faire croire, afin de retarder l’arrivée des renforts allemands, que ce n’était qu’un débarquement de diversion, le véritable débarquement devant avoir lieu ailleurs).

Retardée une première fois en raison du mauvais temps, les bateaux déjà partis étant obligés de tourner en rond sur place, l’opération est fixée au 6 juin, bien que les conditions météorologiques ne se soient pas améliorées. Avant le débarquement allié sur le front Ouest, le groupe d’armées B, du maréchal Rommel, qui s’étend des Pays-Bas à la Loire, compte 63 divisions, dont 11 blindées.

Parachutage des équipes d’éclaireurs britanniques à 23h55 le 5 juin, dont la mission est de baliser les zones de saut des parachutistes.

Les éclaireurs des 101ème et 82éme Airborne sautent entre Sainte Mère Eglise (lien vers la map Mohaa) et Carentan.

A 0h20 des planeurs Albermale transportant 180 « Ox and Buks » du major Howard se posent à proximité des ponts de Bénouville et Ranville. Le message « Ham and Jam » (oeufs et jambons), est reçu plus tard à Londres, annonçant que le commando a neutralisé les ponts.

Le pont de Bénouville, sur l’Orne, rebaptisé du nom de code Pegasus Bridge. On distingue les planeurs Albermale en arrière-plan.
Le major John Howard, photographié à proximité de Pégasus Bridge. Il est décédé le 5 mai 1999.

Premier objectif à l’est : Couvrir le flanc gauche du débarquement puis neutraliser et détruire la batterie de Merville. C’est la mission du Général Gale et de la 6ème division aéroportée britannique.

Deuxième objectif à l’ouest : Le général Ridgway et la 82 ème compagnie, le Général Taylor et la 101 ème division aéroportée américaine doivent couvrir le flanc droit du débarquement, neutraliser les sorties de Utah Beach puis prendre Sainte Mère Eglise.

0h45 : Plus de 1000 avions et planeurs larguent les 3e et 5e brigades de la 6ème Airborne (commandée par le Gén. Gale). Les sauts se passent mal à cause des conditions atmosphériques critiques et le matériel est en grande partie perdu dans les marais. Malgré tout les premièrs sticks commencent à se regrouper au sol. 7990 hommes sont actifs.

1h00 : Parachutages des 15.000 soldats et officiers de la 82ème Airborne et de la 101ème Airborne mais seuls les 501ème , 505ème, et 506ème Régiments atterissent à peu près sur leur drop zone initiale. Les pertes sont importantes et les marais que Rommel avait fait inonder tuent des soldats (Marais de Carentan). Une partie du 505 PIR est largué sur Sainte Mère Eglise. Pour la mémoire c’est à ce moment là que John Steele, blessé par balles, restera suspendu plusieurs heures au clocher de l’église, avant d’être fait prisonnier!

Landing craft infantery (L.C.I)

2h00 : Les troupes d’assaut commencent à gagner les landing craft infantery (L.C.I).

2h15 : L’alerte générale est communiquée à tous les bataillons, aux batteries et à tous les états-majors des régiments.

3h30 : Le QG de la 91ème DI situé à Picauville signale qu’il est attaqué par l’ennemi.

La 91ème division a été formée à Baumholder (Allemagne) en janvier 1944. Après une courte escale à Reims, l’unité est dirigée en Normandie, où elle est affectée à la surveillance du mur de l’Atlantique entre Valognes et Carentan. Son PC est fixé à Picauville (Manche). Elle est baptisée 91ème division parachutiste aux fins d’intoxication des services de renseignements alliés. En juin 1944, ses effectifs dépassent péniblement le nombre de 7000 hommes alors que sa moyenne d’âge atteint largement 35 ans.Le 6 juin 1944, la 91ème division d’infanterie contre attaque vers Sainte Mère Eglise afin de repousser l’assaut des parachutistes de la 82ème Airborne et founira une opposition acharnée. Elle subit des pertes importantes et au bout d’une semaine de combats, le nom de tués, blessés ou disparu atteindra 2200 hommes, soit le tiers de ses effectifs. Le général Wilhem Falley est tué le 6 juin 1944, dès les premières heures de l’assaut par une patrouille du 508ème rgt parachutistes US, à proximité de Picauville. Il rentrait de Rennes. Ce sera le premier officier général Allemand tué au combat durant la Bataille de Normandie.

4h00 : 1000 paras du 505 P.I.R (82è Ab) gagnent Sainte Mère Eglise et prenent le village après de violents combats.

4h45 : Prise de la batterie de Merville par les paras Britanniques de la 9e Brigade.

5h00 : A La Madeleine, le sous-lieutenant Arthur Jancke (709e DI Wh) et le major Werner Pluskat (352e DI Wh) voient pour la première fois l’armada alliée à 2 milles au large! Des milliers de navires approchent…

De 5 à 6 Heures : Les fortifications sont bombardées par la R.A.F. 6000 tonnes de bombes sont lachées par 1136 avions.

5h50 : 6939 navires se présentent au large des côtes Normandes.

5h58 : Tous les navires de guerre ouvrent le feu sur les batteries côtières. Peu de victimes chez les allemands mais beaucoup de soldats sont sous le choc et donc hors combat. Pendant ce temps la première vague d’assaut se rapproche de la plage…

6h : 1365 bombardiers déversent 4000 tonnes de bombes. Les objectifs prévus sont réalisés, à l’exception d’Omaha Beach, où les ouvrages bétonnés restent intacts!

De 6 à 7 Heures : Les péniches lance-fusées s’approchent des plages et les arrosent de salves de roquettes : 20 000 sur le secteur britannique et 18 000 sur le secteur américain.

6h30 : Sur Utah tous les bombardements ont cessé. La 4ème division américaine est déviée à la suite d’une erreur à 1800 mètres au sud. Théodore ROOSEVELT décide que les convois suivants débarqueront au même endroit.


DES ACTES HEROÏQUES

La Pointe du Hoc

6h30 : OMAHA BEACH. La première vague d’assaut est littéralement laminée. Pertes très importantes sur les secteurs Charlie, Dog et Fox. 27 chars amphibies sur 29 mis à l’eau ont coulé. Les blockhaus ont résisté aux bombardements et les troupes qui débarquent sont soumises à un feu nourri. Les troupes qui continuent d’affluer malgré le feu ennemi sont clouées sur place ou massacrées.

De 7 à 8 Heures : Le maréchal JODL refuse d’envoyer les Panzerdivisionen de réserve sans l’accord d’ HITLER mais il refuse de le réveiller. HITLER s’est couché à 4 heures du matin et à donné l’ordre de ne le réveiller qu’à 9 heures.

7h10 : Les 225 rangers du colonel RUDDER prennent d’assaut le flanc est de la falaise de la Pointe du HOC afin de neutraliser la batterie située à son sommet. L’assaut de cette falaise de 30 mètres de haut était nécessaire pour réduire au silence la batterie de canons de 155mm située à son sommet et qui menacait les plages de UTAH et OMAHA. 20 minutes après le début de l’assaut les casemates sont prises aux allemands; inutilement car les canons avaient été déménagés. Ils seront retrouvés à 1100 mètres de là, bien camouflés et seront détruits. Pendant 36 heures les 155 rangers valides vont résister à la violente contre-attaque allemande. Seuls 90 soldats sortiront indemnes de cet exploit héroïque.

7h25 : Assauts simultanés par les troupes Anglo-Canadiennes à Gold, Juno et Sword. Sur les trois plages, si les pertes matérielles sont élevées, les objectifs semblent pouvoir être atteints dans les délais.

7h30 : Arrivée de la seconde vague d’assaut à Omaha Beach mais sans qu’elle puisse progresser. Des destroyers et des péniches lance-fusées s’approchent de la plage pour détruire les blockhaus allemands. Les pertes sont énormes.

De 8 à 9 Heures : A UTAH BEACH l’offensive commence. Sur GOLD, JUNO et SWORD les britanniques et les canadiens nettoient les plages et commencent leur progression vers l’intérieur des terres.

9h15 : HITLER est réveillé. Il écoute les derniers communiqués avant de convoquer KEITEL et JODL.

9h30 Les Rangers ont investi la pointe du Hoc.

10h : OMAHA BEACH. Des officiers regroupent des unités et avancent parmi les obstacles et les champs de mines pour chercher une issue et sortir de cet enfer. Le colonel G.TAYLOR prononce sa fameuse phrase : « Deux sortes de gens vont rester sur cette plage, ceux qui sont morts et ceux qui vont mourir. Foutons vite le camp d’ici! « . Deux mille morts et blessés gisent sur la plage, mêlés aux noyés que la marée montante rejette.

10h50 Gold est conquise, au prix de 400 soldats hors de combat.

De 12 à 13 Heures : Le mur de l’atlantique semble quasi défait par les alliés.

12h : Les quatre sorties de la plage d’UTAH BEACH sont aux mains des parachutistes de la 101ème Airborne.

De 18h à minuit : La bataille s’arrête au coucher du soleil. Mais l’aviation de nuit lance des bombes éclairantes pour empêcher les renforts allemands de cadenasser les zones conquises.

18h : JUNO BEACH. Reddition de la garnison allemande.

21h30 : Le général Montgomery s’embarque à Porsmouth pour prendre le commandement de ses troupes. Il débarquera le 8 juin au matin. Cinq jours plus tard, le Général De Gaulle prendra pied sur le sol de France à Graye/mer.


BILAN : 135 000 hommes et 22000 parachutistes ont participé à l’assaut. 9500 victimes.

Le port artificiel d’Arromanches est en cours d’installation. Caen n’est pas encore prit et la liaison entre les plages pas établie. La fin des affrontements aura lieu au bout de 7 semaines (fin le 25 août) durant lesquelles les allemands perdront 230.000 hommes et 2200 blindés.


Tombe de Preston Niland, l’un des frères Niland dont l’histoire à inspiré le film « Il faut sauver le soldat Ryan »

A voir également : Photos de la plage d’omaha beach telle qu’elle est aujourd’hui, Longues-sur-Mer, Arromanches


LE DEBARQUEMENT EN PROVENCE

Le 15 août a eu lieu en Provence le deuxième débarquement allié. Cette opération a été longtemps refusée par Churchill, qui préconisait une poussée à partir de l’Italie en direction des Balkans, appelés curieusement par lui «le ventre mou de l’Europe». Les Américains refusèrent le plan de Churchill, et le corps de débarquement, sous le haut commandement de sir Maitland Wilson, comprenant la Ire armée française commandée par Jean de Lattre de Tassigny.
Dans la nuit du 14 au 15, les commandos immobilisent les batteries de la côte. Au lever du jour, les formations aéroportées sont lâchées au nord des Maures. Puis les premières vagues d’assaut américaines s’emparent rapidement des régions de Saint-Tropez, Sainte-Maxime et Saint-Raphaël. Le lendemain débarquent trois divisions françaises qui marchent sur Toulon. Le 18 août, le commandant allemand ordonne la retraite. Le 28 août, les garnisons allemandes de Toulon et Marseille déposent les armes.


SOURCES, LIENS ET VIDEOS

Un document avec une belle infographie, des tonnes de renseignements à glaner, avec vidéos, photos, sons…


 

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